Peu populaire depuis son annonce par BioWare, la classe d’Agent Impérial est confrontée, entre autres, au fait qu’elle ne correspond pas à un véritable archétype de l’univers Star Wars. Pour ma part, n’ayant pas gardé un très bon souvenir du Rifleman et de son système de Covert dans Star Wars Galaxies, c’est donc avec quelques aprioris supplémentaires que je me suis retrouvé à jouer cette classe durant plus de cinq heures.
Ma première surprise fût le look du personnage que l’on m’attribua. Un Chiss, ni trop grand, ni trop musclé, arborant des cheveux mi-long et dont le visage était parsemé de cicatrices plus impressionnantes les unes que les autres. En somme, un vrai look de baroudeur aguerri ! L’Agent Impérial est plus précisément un agent opérationnel des services de renseignement de l’Empire, c'est-à-dire qu’il est plus ni plus ni moins que le James Bond de SWTOR. C’est donc tout naturellement que votre aventure débute sur Hutta, l’une des planètes les plus craignosses de la galaxie, par une mission d’infiltration de l’un des clans Hutts. Pour ce faire, votre officier coordinateur vous indique le nom d’un contact soit disant fiable, et qui est censé vous fournir une identité pour cette mission.
Après une petite balade dans le bâtiment, je me suis retrouvé très rapidement dans l’atmosphère suffocante de Hutta. Les décors, intérieurs comme extérieurs, y sont vraiment superbes. De même, on se rend vite compte que les PNJ sont très diversifiés, on ne retrouve pas cette désagréable impression de déjà vue qui parsème certains MMO. A cela s’ajoute une véritable ambiance sonore qui contribue largement à la scénarisation du jeu, car comme j’ai pu le constater par la suite, les moments clés de mon aventure étaient tous ponctués de petites musiques, collant à la situation, parfois tirés des films mais le plus souvent, composés pour l’occasion. Seul bémol au tableau, le jeu dans sa phase actuelle manquant de bruit de fonds (le brouaa habituel des lieux peuplés).
Mais revenons en à notre histoire, quelques mètres plus loin, je finis par mettre la main sur notre fameux contact qui n’est autre qu’un Kubaz, petit clin d'oeil à ANH, et qui porte cette race dans les annales des suppôts de l’Empire. Après quelques rapides échanges, l’énergumène me file mon identité du moment, un contrebandier qui ne devrait pas trop avoir de mal à se faire une place chez le Hutt. Là encore, malgré mon personnage pas très Star Warsy, on ne peut se tromper, les dialogues, les décors, les noms, tout nous rappelle Star Wars. En outre, le choix des réponses dans les dialogues sont assez variés et fidèles à la situation. Ainsi, face à vos supérieurs ou aux autres partisans de l’Empire, j’ai pu aussi bien jouer le militaire patriote à souhait, l’Agent pas tenté par arrondir ses fins de mois, ou la tête brulée prêt à tout.
Les dialogues sont rapides et concis, on est loin des élucubrations parfois sans fin de la série des KOTOR. En fin de compte, tout est bien dosé, on enchaine les phases de combats, d’exploration, et de discussions sans s’en rendre véritablement compte. Ainsi, en suivant l’histoire de votre classe, vous vous déplacez dans différents endroits de la planète, dans lesquels vous trouverez des quêtes secondaires, voir bonus. Outre l’xp engendré, cela vous permet d’en savoir plus sur le reste de l’univers et de suivre en trame de fond d’autres histoires que celle de la guerre larvée entre la République et l’Empire.
Ce système, vous donne la sensation de prendre part à un film ou de lire un roman, tout en vous permettant d’aller bien au-delà, puisque à tout moment, vous pouvez vous consacrer à d’autres activités, n’ayant plus de rapports véritables avec vos quêtes (comme le craft, l’exploration, la socialisation, etc). En outre, malgré la taille de la planète, les temps de voyage sont relativement court et l’on trouve un droïde loueur de speeder-bike régulièrement (à l’image des gryphons de WoW), réduisant d’autant vos temps de voyage. Encore une fois, l’aventure défile puisque nous n’avons pas rencontré de temps de chargement sur Hutta.
Au niveau de l’interface, c’est clair, facile à manier et suffisamment intuitif. Dans la version testée, j’ai été confronté à quelques bugs avec la barre des compétences, mais globalement, la fiabilité était au rendez-vous. Adepte des multiples barres de tâches, j’ai en outre pu en afficher autant que je le souhaitais.
Du point de vu de la jouabilité, il suffit de quelques minutes pour retrouver vos marques avec les autres MMO du moment. Les animations de mon personnage étaient très réussies et l’on voyait clairement les améliorations graphiques qui ont été apportés au jeu au cours des dernières semaines. Au niveau du loot, on est dans de l'ultra-classique, des objets sans valeur que l'on peut revendre ici et là, mais également quelques pièces d'armures et bien entendu, pas mal de creds. De ce coté, je n'ai pas eu de souci pour acquérir les nouvelles compétences à chaque nouveau niveau.
Outre la scénarisation, SWTOR marque une réelle différence avec les autres MMO de par ses combats. Dans ce domaine, l'Agent joue magnifiquement du système de couverture, d’autant plus facilité par une petite compétence qui permet d’afficher des flèches à tous les endroits où vous pouvez vous poster. Pour choisir le lieu, il suffit ensuite d’orienter son personnage afin d’y faire apparaître une silhouette. Pour prendre la pause, il ne vous reste plus qu’à déclencher la compétence qui vous fera plonger sur l’emplacement. A cette occasion, j’ai pu constater que le système marchait parfaitement et que se planquer derrière un mur, vous permettait vraiment d'éviter les tirs de blaster. J'ai également remarqué qu’il était possible de passer sous couverture de très prêt comme de très loin, ce qui est fort utile lorsque l’on aggro par inadvertance ou que l’on est coincé en plein combat.
Le jeu ne possédant pas d’attaque automatique, vous êtes contraint de spammer les différentes attaques pour garder le dessus, cela à le mérite d’animer le combat mais également de le rendre plus intense. Après quatre heures de jeu et sept niveaux montés, je peux dire que l'Agent est le roi de l'élimination. Même si au niveau 7, je ne possédais qu'une seule attaque de zone, je n'ai jamais rencontré de difficultés à éliminer des packs de trois PNJ d'un niveau équivalent voir légèrement supérieur. Mon dada durant cette partie était de passer sous couverture, puis de faire un tir de suppression (à effet de zone), et sniper les survivants un part un. A faible niveau, mon personnage ne possédait qu'un seul coup de corps à corps. Je me suis donc arrangé pour ne pas engager les PNJ de trop prêt et l'avantage de SWTOR, s'est qu'effectivement, les adversaires ne tentent pas de vous prendre d'assaut à la vibro-blade si vous les engagez de loin. Durant cette partie, mon personnage s'est montré étonnamment résistant, peut-être même trop, en comparaison au chasseur de primes incarné par Dreossk. Un problème de réglage, peut-être lié au bonus de défense engendré par le système de couverture, et qui sera surement corrigé d'ici la sortie.
Au niveau des animations, le jeu a été lourdement modifié et il faut avouer que les résultats sont convaincants, les effets des attaques sont vraiment jolie et le côté bling bling de certains coups a été atténué. Il demeure à l'heure actuelle quelques bugs avec les personnages « enrobés » et dans certaines situations, mais ces bugs étaient déjà connus des développeurs et ont été corrigés dans la nouvelle version du jeu (qui devait être installé, juste après notre départ... dommage).
Afin de ne pas vous gâcher votre futur aventure en tant qu'Agent, je ne vous raconterais pas plus l'histoire de la classe mais sachez que vous rencontrerez très rapidement votre premier compagnon, Kaliyo Djannis, et que celle-ci s'avèrera aussi tête brulée que vous. Jouer avec un compagnon apporte plus d'une satisfaction. En effet, celui-ci vous assiste dans vos combats, dans ce domaine, mon acolyte se débrouillait plutôt pas trop mal. Elle prenait parfois des positions un peu étrange lors de mes passages sous couverture (disparition intempestive et réapparition sur le dessus de l'objet vous protégeant), mais cela reste un jeu en développement donc on ne va pas se plaindre de ces quelques rares bugs. Côté promenade, la miss suivait à la lettre mes mouvements et n'avait aucune difficulté à contourner les obstacles de l'environnement. Lors des conversations, les choses se sont corsés puisqu'il m'a fallut prendre en compte l'opinion de la dame, afin de ne pas perdre trop d'influence, tout en continuant à opter pour les réponses qui correspondaient le mieux au personnage que je souhaitais incarner (un Agent, froid et calculateur, adepte des points du côté obscur).
Après avoir passé quatre heures sur Hutta, les développeurs nous ont proposé de nous monter automatiquement au niveau 9 pour accéder à la première instance du jeu, le flashpoint Black Talon.
Groupé avec Dreossk (jouant un Chasseur de primes), nous avons donc sortis nos compagnons pour compenser l'absence de deux autres joueurs (les groupes pour flashpoint devant être composés de quatre joueurs maximum) et engagés les différents dialogues d'introduction à l'instance. Black Talon est la première instance qui a été dévoilée l'année dernière et qui a fait l'objet d'une vidéo. La première phase consiste à protéger un vaisseau de l'Empire pris d'assaut. Après avoir réglé la question du capitaine, que Dreossk s'est fait un plaisir d'éliminer pour son incompétence, nous nous sommes lancés à l'attaque du croiseur de la République. Scénaristiquement, l'instance est vraiment prenante et très animée. En outre, les dialogues avec les PNJ sont intéressants et ajoutent incontestablement à l'immersion dans cette longue aventure En effet, après un peu moins d'une heure de jeu, nous étions à peine arrivé au premier boss, un officier républicain Mon Calamari. Black Talon a été un vrai challenge pour nous, fini de laisser nos compagnons faire ce qu'ils voulaient. Si l'on voulait survivre, il fallait donner des ordres clairs et précis. Dans cette situation, mon personnage s'est une nouvelle fois avéré redoutable et l'équipe chasseur-agent s'est avèré assez efficace.
Au finale, cette instance nous a mené à la tombe quelques fois, sans toutefois nous pousser à bout. Honnêtement, j'ai adoré cette phase de jeu, j'ai toutefois quelques critiques sur les graphismes des décors. Tandis que les personnages ont véritablement évolués depuis la vidéo de présentation de Black Talon, les décors sont restés les mêmes. Ils m'ont paru beaucoup plus pauvres et moins détaillés que ceux de Hutta.
C'est ainsi que ce termine mes premiers pas dans The Old Republic. Ce fût une très bonne expérience, l'Agent est une classe très intéressante à jouer et dont le scénario est définitivement Star Warsesque. D'un point de vu technique, ayant participé très tôt au beta test de Star Wars Galaxies, je m'attendais à toucher à un jeu loin d'être fini. Or, le SWTOR auquel j'ai pu jouer est bien plus fini que la plupart des MMO du marché lors de leur sortie. Bien sur, il reste quelques bugs ici et là, mais la finition est vraiment très avancée pour un jeu qui ne possède toujours pas de date de sortie. En outre, les différentes déclarations de l'équipe de développement illustre parfaitement le pourquoi de cette situation. Vu l'état actuel du marché, BioWare et Electronic Arts savent pertinemment qu'ils n'ont pas le droit à l'erreur, sortir un jeu bâclé dans lequel il manque des features serait l’arrêt de mort de SWTOR. Et cette idée est omniprésente dans le discours des développeurs à l'heure actuelle, d'où la réponse « ça sortira, quand se sera fini ».
Derrière le discours officiel, j'ai également distingué une seconde chose rassurante. En effet, les développeurs ont atteind la phase où ils commencent à dire que « ceci a été placé dans la liste des choses à implémenter après la sortie ». Certains me diront mais en quoi cela est rassurant, je m'explique. D'une part, c'est un signe indubitable que la fin du développement approche et que le jeu est en bonne voie. D'autres part, les quelques features qui se voient repoussées pour après la sortie, ne sont pas des éléments déterminants pour la qualité réelle du jeu. Il s'agit essentiellement de détails mineurs sur lesquels les développeurs ne s'étaient jamais prononcés. On ne se retrouve pas ainsi dans la situation récurrente dans l'industrie du jeu vidéo, où les développeurs déclarent quelques mois avant la sortie d'un produit, « finalement, la chose qu'on vous avait promis et bien on ne pourra pas la mettre dans le jeu avant sa sortie. Mais on vous assure que ce sera dans le premier patch... ou dans le second ».
Je vous donne désormais rendez-vous dans quelques jours pour la suite de cet article, qui sera consacré à mon expérience de jeu avec le Jedi Consulaire dans le flashpoint Taral V.
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